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Histoire
> C'était il y a 100 ans



En ce temps-là, les populations communales étaient recensées tous les 5 ans. Le 1er avril 1911, le maire Marcel Marigné appose son paraphe sur la dernière page du recensement de ses administrés.



On compte à ce jour 2 351 habitants, répartis entre le village, 1 976 individus, et la population dite « éparse », 375 personnes. On observe qu’un montessonnais sur deux a moins de 20 ans : la population est donc jeune ! Les octogénaires ne sont pas plus d’une vingtaine. Les douairières, Florentine Billard et Rose Guyard ont 91 ans. Félix Dreux en a 90. La population « éparse », à la Borde et aux Rabaux – quartiers qui ne portent pas encore leur nom – se démarque de celle du centre. Très peu d’habitants sont natifs de Montesson ou de Bretagne. Presque tous travaillent hors de la commune, beaucoup à Paris, la proximité des gares du Pecq et de Sartrouville facilitant les déplacements. Sur place, 3 exploitants agricoles et deux carriers font travailler une trentaine de salariés. Les seuls commerçants locaux en 1911 sont 4 marchands de vins… À l’école Théophile Roussel logent 44 ménages, personnel d’internat et enseignants au service d’environ 300 élèves, Au village, la moitié des habitants est née à Montesson, et 1/3 en Bretagne. L’agriculture occupe 65 % des actifs, soit plus de 170 patrons maraîchers, 550 ouvriers (ères), et 15 champignonnistes. Les autres villageois travaillent dans la commune, sauf 18 personnes qui chaque jour ouvrable prennent l’omnibus hippomobile jusqu’à la gare de Rueil puis le train de Paris, et ceux qu’on appelle « les Pathé », les quelque 50 hommes et femmes qui travaillent à Chatou dans l’usine de phonographes et de disques. Pour répondre aux besoins quotidiens de cette population sédentaire, le village ne compte pas moins de 77 commerçants et artisans ( et leurs ouvriers, commis et apprentis) dont voici l’inventaire : 15 marchands de vin dont certains sont aussi épiciers, 3 épiciers, 2 bouchers, 3 charcutiers, 1 grainetier, 1 laitier, 3 nourrisseurs ( éleveurs de vaches laitières), 5 marchands de primeurs, 2 marchands de journaux, 2 marchands de nouveautés,
2 marchands de chaussures ( et de sabots), 3 cordonniers, 1 horloger, 1 photographe, 1 tapissier, 2 coiffeurs, 1 brocanteur, le maître de lavoir, 4 menuisiers, 2 charrons, 1 bourrelier, 2 maréchaux-ferrants, 2 peintres, 2 plombiers, 2 maîtres maçons, 1 mécanicien. Il y a aussi les 3 vanniers et l’étameur qui vivent dans des roulottes Qui dira que les femmes ne travaillent pas ? 40 d’entre elles sont « patronnes » : 10 commerçantes, 16 couturières, 9 blanchisseuses, 2 nourrices, 1 modiste, 1 matelassière. Et, outre les 250 ouvrières et journalières agricoles déjà citées, une trentaine de domestiques, couturières et blanchisseuses salariées. L’inventaire sera complet (ou presque) avec le garde champêtre, le cantonnier, la receveuse des postes, l’appariteur, le secrétaire de mairie, les 8 enseignants (écoles publiques et école privée), un professeur de musique, un médecin, le curé, le bedeau et quelques rentiers ( le franc est stable…). Les rues s’animent le soir après le travail aux champs et le dimanche, seul jour de congé : on fait ses courses chez les incontournables commerçants, on boit un petit gamay de pays au comptoir de l’un des 15 débits de boissons, on échange les nouvelles du jour car, dans le village, tout le monde se connaît. C’était la belle époque, disons-nous aujourd’hui… Il reste encore cent ans plus tard quelque chose de la convivialité d’autrefois. Certaines communes alentour nous envient d’avoir gardé au coeur de notre village, entre église, mairie, bureau de postes et château (!), des commerces de proximité attractifs qui donnent de la vie au quartier. Alors, à l’époque des voeux, souhaitons longue vie à nos commerces