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C’est sur la base de son
brevet n° 332-106 d’aéroplaneautomobile
enregistré le 17 août
1903 que le Roumain Traian Vuia
est passé à la
postérité dans
la plaine de Montesson.
En décembre 1905, le
Vuia 1 fut amené d’un
hangar situé à
Sartrouville vers la Ferme de
la Borde. L’arrivée
de cet étrange appareil
a suscité la curiosité,
mais aussi l’incrédulité.
Pendant les essais, une réflexion
était révélatrice
: « Cet homme est complètement
fou s’il croit voler avec
ce parapluie ! ». Vuia
a souri, feignant de ne pas
entendre. La première
expérience eut lieu à
une vitesse de 40 km/h et Vuia
a attrapé un refroidissement
qui le cloua au lit quelques
semaines. Lors du montage à
l’atelier Hockenjos et
Schmitt, à Courbevoie,
Vuia reçut la visite
de plusieurs personnalités
marquantes de l’Aéro-
Club de France. Le 5 février,
le Secrétaire général
de l’Aéro-Club
de France, Gaston Besançon,
vint à Montesson. Malgré
le vent, l’avion atteignit
la vitesse de 20 km/h avec sa
propre hélice. Les présents
(personnalités, journalistes
et photographes) l’ont
félicité pour
la conception originale de la
construction de l’aéroplane.
Cette expérience eut
un large écho et fut
commentée le lendemain
par la presse française,
anglaise et américaine.
Vuia reçut du courrier
de quelques pays et un Américain
lui commanda même un exemplaire
de son appareil. Il refit un
essai le 6 mars 1906 sur la
route reliant Le Pecq à
Sartrouville, le reste du chemin
étant impraticable. L’appareil
a parcouru la distance de 400
m en 30 s, démarrage
et accélération
inclus.
Le 18 mars 1906, Vuia a essayé
de se lancer à nouveau
sur le chemin qui conduit de
Montesson à la Seine.
Il a exécuté plusieurs
roulages et a observé
que, lors de chaque essai, les
arcs sur lesquels sont montées
les roues pneumatiques orientables
(celles de devant) se détendent
au fur et à mesure que
la vitesse augmente et que l’on
ne sent plus alors les disparités
du sol, alors que ce sol était
mauvais. De même, il a
observé que l’hélice
rigide diminue son nombre de
tours et se bloque même,
puisque les arbres à
cames se déplacent au
point mort quand il libère
le levier de commande et de
fixation de l’arbre à
came. |
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À la dernière
tentative du jour, Vuia a augmenté
l’admission des gaz dans
les 4 cylindres du moteur Serpolet
de 25 CV. L’appareil a
roulé sur environ 50
m afin de gagner l’élan
nécessaire. Au fur et
à mesure de l’élévation
de la vitesse, la pression exercée
sur la terre diminuait jusqu’à
devenir nulle à un moment
donné, de telle sorte
que l’aéroplane
s’est élevé
sans transition à une
altitude de 0,60-1 m. Mais après
qu’il ait quitté
le sol, l’hélice
a diminué sa vitesse
de rotation. L’appareil
a volé ainsi sur approximativement
12 m. Poussé par un vent
latéral, après
quelques balancements, l’appareil
s’est posé sans
que le pilote ne ressente le
moindre choc et sans qu’il
se rende compte du moment où
il avait repris contact avec
le sol. L’avion s’est
retourné du fait du fort
vent latéral. L‘hélice
et trois tubes de l’armature
des ailes ont été
détériorés.
Mais l’essai avait été
pleinement concluant et Traian
Vuia avait accompli l’exploit
d’avoir décollé
avec un appareil plus lourd
que l’air. Étaient
présents : le mécanicien
de Vuia, Hockenjos, ainsi que
deux amis parisiens, Tiefenbacher
et Watelet. Puisqu’il
n’y eut point de personnalités
officielles, la performance
ne fut pas homologuée
par une organisation officielle,
comme le furent les essais de
Santos- Dumont et des frères
Wright.
Cet aéroplane est exposé
aujourd’hui au Musée
de l’Air et de l’Espace
du Bourget.
Merci
à Jean-Yves Conrad,
Officier du mérite culturel
roumain, qui a rédigé
cet article fidèle à
l'histoire de cet événement. |
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Vous
aurez le privilège
exceptionnel de découvrir
l'aéroplane de
Traïan Vuïa
à la Salle des
Fêtes de Montesson,
du 18 au 26 mars 2006,
pour la commémoration
des 100 ans de ce vol
historique qui fait de
Montesson un des berceaux
de l’aviation mondiale
! |
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